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LE
FORUM
Compte rendu de travaux en classe: JAILU
Depuis
trois ans, d'abord dans le rÈseau européen
Eurokids puis sur Internet, des élèves
débattent de l'actualité par courrier
électronique. C'est le débat JAILU,
pour "J'ai lu dans la presse" (cette orthographe
est née dans ces temps anciens o les
noms de fichiers ne pouvaient comporter ni apostrophe
ni espace). JAILU est animé par le Clemi
de l'académie de Strasbourg.
Exposé de Philippe
Bader, coordonnateur Clemi (1999)
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Je ne vais pas parler ici de l'intérêt d'introduire
l'actualité dans les classes, mais de l'intérêt
d'utiliser le mél pour la correspondance.
Les messages JAILU
Les textes qui paraissent dans JAILU sont de deux sortes:
les
textes JAILU proprement dits: ils commencent par "J'ai
lu dans... (titre du journal) du ... (date): "... (citation
courte entre guillemets de quelques phrases qui présentent
le plus d'intérêt pour qui n'a pas lu l'article
en entier. Les phrases qui peuvent susciter un débat.)".
Ensuite l'élève donne son avis, argumenté,
ses réactions face à l'événement
dont il parle ou son opinion face à la prise de
position d'un journaliste.
Il termine en appelant une réponse: "Et vous qu'en
pensez-vous?"
les
textes de réponses, qui sont de forme très
libre.
Voir des exemples de messages
sur l'actualité en Algérie (fin 1997).
Les atouts d'Internet
dans le réseau JAILU
Internet c'est magique. On écrit sur son ordinateur
et clic d'un coup de souris, on peut être lu partout
dans le monde. Voyons ce que nous faisons des atouts d'Internet
dans le réseau JAILU.
Le
premier atout d'Internet, c'est l'abolition des distances.
On peut envoyer des messages n'importe où dans
le monde. Dans le réseau JAILU, les classes qui
ont échangé le plus de messages sont distantes
des quelques centaines de mètres qui séparent
le lycée Deck du lycée Storck de Guebwiller.
Les échanges les plus lointains se sont faits avec
les amis belges d'Anvers. Des voisins!
Mais y a-t-il un prestige des kilomètres? Socrate
se vantait de ne jamais être allé plus loin
que jusqu'au Pirée.
Deuxième atout: la simultanéité.
Les messages méls arrivent presque instantanément
à tous les membres d'une liste de destinataires.
En beaucoup moins de temps qu'il n'en faut à des
élèves moyens pour s'asseoir devant leur
écran. Très souvent, les messages stationnent
dans la boîte aux lettres jusqu'à ce que
le prof prenne à nouveau ces élèves,
une semaine après parfois, pour les profs qui n'ont
accès à la salle informatique qu'une fois
par semaine. En effet, on n'en est pas encore à
la situation où les centres de documentation des
collèges et lycées sont réellement
branchés, ni surtout où l'accès des
élèves se fait librement.
Troisième atout: dans un groupe de discussion,
le message qu'on envoie est lu par beaucoup de monde,
n'importe qui peut y répondre. Pour le réseau
JAILU, nous avons choisi la liste de diffusion. Ceux qui
reçoivent le message sont des enseignants qui acceptent
d'en faire une activité pédagogique et qui,
étant inscrits sur une liste, reçoivent
les messages et peuvent y répondre. Pas de "chat"
(de to chat = bavarder, tchatcher): les conversations
de café du commerce ont un intérêt
social indéniable. Mais la classe n'est pas un
café.
C'est dire que les possibilités du nouvel outil
que nous utilisons restent pour l'instant sous-exploitées.
Nous tenons avant tout à ne pas oublier l'intérêt
essentiel de la correspondance, qui est de mettre en relation
par l'écriture des personnes qui ont quelque chose
à se dire.
La magie d'Internet n'est donc pas pour nous l'abolition
des distances, la simultanéité, ni l'étendue
du champ de correspondants. Ecrire loin, écrire
vite et écrire partout, ça peut être
un exploit sans grand intérêt si on oublie
que l'essentiel est dans ce qu'on s'écrit, et comment
on le dit et comment on organise les échanges.
La magie est dans la communication. Comme pour la Poste
(encore que par la Poste on peut aussi échanger
des objets). Et c'est communiquer qui est le plus difficile.
Par Internet comme par la Poste.
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La
magie n'est pas dans Internet, elle est d'abord dans l'écriture,
quand l'élève met en mots ce qu'il vit, et,
pour ce débat sur l'actualité, quand il redit
ce qu'il a vu à la télé ou lu dans
les journaux. Quand l'enfant ou l'adolescent arrive en classe,
il vient de quitter sa famille, avec ses difficultés,
son quartier, avec ses problèmes. Il vient de quitter
son téléviseur, qui lui a montré des
victimes d'attentat, ou un match de foot, ou un pyromane,
un assassin, une princesse... Il entre en classe avec des
images plein la tête, des émotions. Peut-on
les ignorer? Peut-on faire comme s'il était vierge
de tout? Si on veut arriver à le mettre en situation
d'apprentissage, il faut d'abord non pas éteindre
ces émotions, mais lui apprendre à les maîtriser.
C'est l'écriture qui est l'étape la plus importante
dans ce débat sur l'actualité: la verbalisation,
à partir d'un événement prétexte,
est peut-être déjà suffisante en elle-même.
Elle permet d'apprivoiser le réel des médias
pour mieux affronter son réel à soi.
On pourrait donc s'en tenir là.
Mais il est important que les élèves ne se
retrouvent jamais seuls avec leurs idées et puissent
les confronter.

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LA
MAGIE DE LA COMMUNICATION |
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La
magie est donc aussi dans la communication. Dans une correspondance
par mél, on retrouve tous les problèmes qu'on
connaît (connaissait) dans la correspondance postale,
parce que la communication, ce n'est pas magique tout le
temps!
D'abord, il faut le dire, des messages restent sans réponse!
La situation la meilleure serait celle dans laquelle l'élève
qui écrit a une réponse, à laquelle
il répond, etc.
Parfois il faut expressément susciter la réponse,
parce qu'il serait inadmissible que certains textes restent
sans réaction. Il arrive qu'un message entre professeurs
soit nécessaire pour attirer l'attention sur la nécessité
d'une réponse. C'est le cas lorsqu'on sent que l'investissement
personnel affectif de l'élève est si important
qu'il serait inconvenant que son texte n'ait aucun écho.
C'est le cas du texte de Cathy, jeune maman de seize ans
qui s'exprime à propos d'un fait divers d'infanticide.
C'est aussi le cas de F... qui veut parler de son pays,
l'Algérie.
Par ailleurs, il est difficile de supporter que certaines
opinions n'aient pas de contradicteur, et qu'elles puissent
être lues sans qu'on puisse lire à côté
une réaction d'opposition. Ce fut le cas par exemple
dans un débat sur la peine de mort.
Une
fois que les premières réponses arrivent,
les textes prennent une autre importance. On écrit
pour être lu par quelqu'un. Si le professeur continue
à travailler avec l'élève l'expression
et l'orthographe, c'est pour que le message soit lu plus
facilement, pour que quelqu'un d'autre le comprenne et y
réponde.
Régulièrement, après les premiers échanges,
les élèves manifestent le désir d'aller
rencontrer ceux à qui ils écrivent et qui
leur répondent. Mais la frustration créée,
qui continuera tant que cette rencontre n'aura pas eu lieu
et maintient les lecteurs dans l'abstraction, n'est pas
sans intérêt. On maintient comme seul lien
l'écriture. N'entrent pas dans ce lien les autres
indices de communication: le son d'une voix, que certains
élèves ne font pas entendre en classe, un
corps dont certains adolescents ne sont pas fiers. C'est
l'écrit qui reste le lien abstrait entre des intelligences
abstraites.
La notion de classe d'âge elle-même disparaît
parfois. En classe on est entre personnes de la même
classe d'âge. Dans le réseau, les personnes
abstraites qui écrivent n'ont pas d'âge. Elles
ont seulement des idées. Alors les idées ne
sont pas celles d'un élève de telle classe.
Ce sont les idées d'une personne, qui valent pour
elles-mêmes.
Ces
liens sont-ils artificiels?
Le réseau permet à des élèves
qui ne parlent pas dans la classe de s'exprimer ailleurs.
On reproche parfois aux réseaux de créer des
liens artificiels entre des personnes qui ne sont plus capables
de communiquer avec leur entourage, mais qui passent leur
temps devant leur écran pour échanger avec
des êtres lointains, peut-être virtuels. Ceux
qui écrivent dans le réseau sont de vrais
élèves, pas virtuels du tout, et ils savent
le faire savoir. Les correspondants "électroniques"
ne sont pas plus virtuels que les correspondants "postaux".
Mais le danger de fuite dans un ailleurs existe: il est
important que le débat existe dans la classe comme
dans le réseau. L'élève écrit
seul, mais il écrit pour être lu dans une situation
de communication réelle. Et il peut proposer son
message comme sujet de débat collectif dans la classe,
soit avant, soit après les échanges électroniques.
Autre
difficulté dans les échanges: les incompréhensions.
On assiste parfois à des moments de tension dans
les échanges parce que le poids des mots n'est pas
toujours bien évalué. Dans le débat
sur la situation en Algérie, des élèves
s'envoient sans ménagement des coups de livres saints.
Il faut parfois avoir une grande tolérance pour accepter
de donner l'occasion de s'exprimer à des opinions
qu'on ne partage pas. Mais organiser un débat, c'est
faire le pari de la démocratie. Le débat JAILU
ayant un caractère public, nous nous imposons les
règles qui sont celles de toutes les publications:
pas d'injures, ni diffamation, ni incitation à agir
contre la loi...
C'est vite dit, mais les problèmes réels sont
parfois délicats.

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Tout
ceci étant dit, Internet n'est peut-être pas
magique, mais le résultat obtenu, la qualité
des textes échangés, je ne suis pas sûr
qu'on l'aurait obtenue par un échange postal. Les
atouts objectifs du mél (ça va vite, ça
ne se perd pas, on peut réexpédier le même
message à plusieurs personnes, on peut réexpédier
un message reçu à un autre destinataire, on
a une mémoire de tous les messages...) ne suffisent
pas à expliquer que les élèves se mettent
plus facilement à écrire. Il y a l'attrait
du clavier, du traitement de textes, qu'on a constaté
depuis longtemps. Il y a sûrement aussi l'attrait
pour la nouveauté, pour la gloire d'être "branché".
Quoiqu'il en soit, les messages montrent, même quand
ils sont maladroits, une richesse de pensée indéniable.
Alors,
en conclusion, si vous voulez participer avec votre classe
à un débat sur les sujets d'actualité,
faites-vous connaître en m'envoyant un message (électronique!):
Philippe Bader.
Plaisir garanti: la richesse et la diversité des
échanges dépend de ses participants. Vous
êtes donc les bienvenus.

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Exemples
de messages circulant sur la liste de diffusion JAILU
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De:
Lycée Théodore Deck <lycee.deck@hol.fr>
À: Liste_Jailu <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Jeunes algériens
Date: mercredi 22 octobre 1997 15:37
J'ai
lu dans Aujourd'hui, 8 oct. 97: «Ces jeunes qui rêvent
tous de la France.»
Cet
article parle de la situation des jeunes à Tizi Ouzou
(Kabylie), des jeunes dont l'existence est minée
par le chômage car ils n'espèrent ou n'attendent
plus rien de la vie, l'école ne leur a apporté
aucune formation et seule échéance inévitable
et redoutée : le service militaire qui là-bas
signifie " Tuer ou être tué". S'ils veulent
se marier, quitter le pays... ils doivent justifier leur
situation auprès des autorités militaires.
Le remède contre tout cela c'est le football ; ils
supportent tous le club de la région, la JSK, l'une
des meilleures équipe d'Algérie. Dans cette
équipe l'un de ces jeunes est le gardien qui cet
été vint à Saint-Etienne pour un stage
avec le club. Au retour du stage il raconte à ses
potes ce que c'est la France, et ils rêvent tous d'y
aller. Cette France qu'ils ont découverte grâce
à leur pote ou cousins installés de l'autre
côté de la Méditerranée. L'image
qu'ils ont de la France c'est celle des séries d'AB
production. A présent c'est leur seule et unique
ambition : la France.
Je pense que leur situation reflète ce qui se passe
dans le pays, tous ces jeunes qui n'ont rien à faire
ou plutôt on ne leur propose rien, alors c'est normal
ils vont se faire influencer par des gangs des trafiquants
qui vont leur proposer de l'argent en l'échange de
services. Pour l'instant ça va encore, mais petit
à petit le chômage va augmenter, il y aura
des crises... Leur seule chance pour moi c'est le sport,
c'est là où ils pourront réussir, car
la politique, tout ça,ça ne les motivent pas.
Et lorsqu'ils voient l'un d'entre eux aller en France grâce
au sport, pour eux c'est super. La France, ils veulent y
aller, même si il y a environ 4 millions de chômeurs
car pour eux sur 57 millions d'habitants ce n'est rien.
Ce qu'ils cherchent en fait c'est de sortir de ce cauchemar
qui semble interminable. Ils rêvent de la France mais
n'y croient pas.
Omar
El Mansouri Telec, Deck
De: Lycée Storck <lth-guebwiller@horeca.tm.fr>
À: liste_jailu@ac-strasbourg.fr <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Réponse à El Mansouri Omar
Date : mardi 11 novembre 1997 22:00
Réponse
à El Mansouri Omar,
C'est
bien gentil de penser aux jeunes qui sont touchés
par le chômage. Mais il faut aussi réagir.
Il y a du chômage dans tous les pays. Tu dis aussi:
"le seul espoir c'est le foot (ou le sport)". Mais il faut
penser aussi aux jeunes filles, même aux jeunes garçons
qui n'ont même pas les moyens de s'acheter du pain
quotidiennement.
Je suis une Algérienne, et cette année quand
j'y suis allée, les jeunes m'ont dit qu'ils voulaient
que leur pays ressemble à la France. Ils savent que
sans le visa et sans le passeport, ils peuvent toujours
rêver. Et la plupart du temps ils ne parlent pas la
langue.
Ce qu'ils ne veulent pas comprendre c'est qu'il y a aussi
du chômage en France et s'ils arrivent quand même
à venir, ils ne trouveront rien. Je pense aussi que
des personnes malhonnêtes profitent d'eux dans des
usines et ne leur payent pas un salaire normal.
Ce qu'ils peuvent faire encore, c'est de chanter comme Khaled,
Mami, Hasni, Faudel, etc.
Farida
BOULTIF
De: Lycée J. Storck <lth-guebwiller@horeca.tm.fr>
À: liste_jailu@ac-strasbourg.fr <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie
Date: vendredi 31 octobre 1997 15:47
J'ai
vu cet été en ALGERIE:
1/ J'ai été frappée par l'ampleur qu'a
pris le cimetière, il a doublé peut-être
triplé de volume depuis le commencement de la guerre.
2/ Quand j'étais là-bas, un de nos voisins,
a reçu une visite inattendue. Un homme haut placé
dans l'armée est venu lui annoncer ses sincères
condoléances parce que son fils avait perdu la vie
pendant une mission. Mais en fait, son fils n'a pas perdu
la vie au cours d'une mission mais en essayant de se sauver
de l'armée car il était maltraité.
C'est les militaires qui lui ont tiré une balle dans
le dos.
3/ Un matin, alors que nous partions à la plage de
Skikda, nous avons été témoin d'un
faux barrage (= personnes dangereuses déguisées
en policiers). La première voiture arrêtée
a été pillée.
Et
vous qu'en pensez-vous ?
Rachid
ELRAOUDI
ATTENTION
Ce texte n'est pas un J'AI LU mais un J'AI VU. Il est vrai
que la presse internationale fait état des difficultés
qu'ont les journalistes à faire leur travail dans
ce pays. Alors c'est un témoignage direct qui n'a
pas été vérifié. Mais il peut
éventuellement être confronté à
d'autres témoignages directs.
Le professeur, Philippe Bader.
De: Lycée Deck <lycee.deck@hol.fr>
À: liste_jailu@ac-strasbourg.fr <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie. Réponse à Rachid
Date: mercredi 19 novembre 1997 17:57
Réponse
à RACHID
J'ai
lu avec intérêt ton article plus particulièrement
le troisième paragraphe sur le barrage que tu as
vécu. J'aurais aimé savoir où tu étais
lorsque la voiture a été pillée et
si tu as eu des problèmes avec les organisateurs
du barrage .
Est-ce que des personnes sont venues en aide à la
voiture pillée?
EL
BOUMAKLOUFI NOURDINE
De: Lycée Storck <lth-guebwiller@horeca.tm.fr>
À: liste JAILU <"<liste_jailu"@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie
Date: mardi 25 novembre 1997 11:16
Pour
tous,
Je
voudrais savoir pourquoi les personnes d'origine algérienne
ne veulent pas répondre à des textes qui parlent
justement des problèmes de ce beau pays. Si vous
prenez le temps de chercher des livres sur ce pays, vous
verrez qu'en dehors de ces massacres, c'est un joli pays
à visiter.
Manifestez-vous !
Farida
BOULTIF
De: Lycée Deck <lycee.deck@hol.
À: liste_jailu@ac-strasbourg.fr <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie/Réponse à Farida Boultif
Date : vendredi 5 décembre 1997 17:07
Réponse
à BOULTIF FARIDA
Je
suis d'accord avec toi: je parle de jeunes qui sont touchés
par le chômage et j'oublie les jeunes filles. Mais
lorsque tu dis que les jeunes qui te parlaient et qui voulaient
que leur pays ressemblent à la France, je ne suis
pas d'accord. Je pense qu'il faut qu'ils oublient ceci car
malgré les problèmes qu'il y a en ce moment,
l'Algérie a ses racines, son histoire, ses cultures...
Je dis ceci car je suis marocain, et pour moi le Maghreb
(Maroc, Algérie, Tunisie) c'est pareil et c'est super!!!
Lorsque tu écris: "ce qu'ils peuvent encore faire,
c'est chanter", je ne suis pas d'accord non plus. Prenons
le cas de Hasni: il a été tué. Khaled,
lui, il ne peut plus rentrer au pays, de même pour
Mami et ce sont tous des chanteurs de raï. Mais si
tu regardes les autres chanteurs, bien sûr, il ne
leur arrive rien!
EL
MANSOURI OMAR TELEC
De: Lycée Storck<lth-guebwiller@horeca.tm.fr>
À: 'liste JAILU' <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie Réponse à EL MANSOURI
Omar
Date: vendredi 12 décembre 1997 17:42
Réponse
à EL MANSOURI Omar,
Quand
tu écris: "aux autres chanteurs, il ne leur arrive
rien", qu'est ce que ça veut dire pour toi? Que c'est
seulement les chanteurs de raï qu'il arrive malheur?
Hasni a été tué parce qu'il chantait
sur son pays et il disait surtout qu'il en avait marre de
la guerre. Plusieurs chanteurs lui rendent hommage. Comme
Hasni junior.
C'est vrai, je suis d'accord avec toi , lorsque tu écris:
"l'Algérie a ses racines, son histoire et ses cultures".
C'est aussi valable pour le Maroc et la Tunisie. Mais les
personnes là-bas croient qu'en France tout est si
simple. Je crois quand même qu'ils sont pratiquement
au même niveau. Il y a aussi des acteurs, et des journalistes
qui sont condamnés à mort.
Farida
BOULTIF
De: Lycée Storck <lth-guebwiller@horeca.tm.fr>
À: liste JAILU <"<liste_jailu"@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie
Date: lundi 12 janvier 1998 10:59
Nous
avons lu dans les Dernières Nouvelles d'Alsace du
29 décembre 1997: «Algérie: la boucherie
continue». C'est un article traitant des assassinats
successifs qui ont eu lieu en Algérie.
Le grand massacre
Vingt et un villageois ont été assassinés
dans les nuits de vendredi à samedi dans un village
près de Médéa (80 kilomètres
au-dessus d'Alger). Les assaillants ont massacré
leurs victimes à coups de hache. Ils ont d'autre
part incendié les maisons de leurs victimes avant
de s'enfuir, par ailleurs sept enfants âgés
de 7 à 14 ans ont été enlevés
samedi dans la localité de Sidi-Sémian, sur
le Mont Chénoua, alors qu'ils gardaient leurs troupeaux.
Tueries collectives
De 145 à 184 villageois ont été massacrés,
selon les bilans, depuis mardi dernier dans des tueries
collectives dont la plupart se sont déroulées
dans la région de Tiaret (20 kilomètres au
sud-ouest d'Alger). Par ailleurs, sept islamistes armés
ont été tués samedi par les forces
de sécurité d'Alger, à Boumerdès
(50 kilomètres à l'est d'Alger) et Médéa,
selon les journaux.
Bilan du massacre
Les personnes assassinées dans la nuit de vendredi
à samedi au sud d'Alger, sont onze hommes, trois
femmes et sept enfants âgés de 2 à 9
ans, appartenant à trois familles différentes.
Trois villageois ont tout de même réussi à
échapper à la tuerie.
Nos
réactions
D'après nous ces actes de barbarie ne devraient pas
avoir lieu. Ce qui est fou c'est qu'ils se tuent entre eux,
ils croient pourtant en le même dieu et suivent tous
le Coran ainsi que tout ce qui s'y rattache. Apparemment
d'après le Coran cela n'est pas un crime de tuer
son prochain en plus durant le ramadan.
Sylvia
K. et Mado P.
De: Lycée Deck <lycee.deck@hol.fr>
À: liste_jailu@ac-strasbourg.fr <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie. Réponse à Mado et
Sylvia
Date : jeudi 29 janvier 1998 08:12
Algérie
: Réponse à MADO et à SYLVIA.
Ces
actes de barbarie ne devraient pas avoir lieu, de plus c'est
un pays démocratique. Dans votre texte vous avez
dit: "apparemment d'après le Coran cela n'est pas
un crime de tuer". Je vous arrête tout de suite car
le Coran s'oppose à tous les crimes possibles ainsi
que drogue, alcool... Je vous signale que le Coran est aussi
traduit en Français alors si vous ne me croyez pas
jetez-y un coup d'oeil.
Ce qui se passe en Algérie n'est pas un problème
de religion mais de politique. Car une partie du gouvernement
algérien accuse les islamistes de ces crimes pour
qu'ils n'arrivent pas au pouvoir. Lors des dernières
élections communales en Algérie le dépouillement
a été saboté en faveur du gouvernement
et au détriment des islamistes.
Ce qui me choque c'est l'ignorance de tous les autres pays
qui n'aident pas vraiment l'Algérie. Elle en a vraiment
besoin.
Nourdine
El Boumakloufi, Lycée Deck
De: Lycée Storck <lth-guebwiller@horeca.tm.fr>
À: liste JAILU <"<liste_jailu"@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie Réponse à Nourdine
Date: lundi 2 février 1998 18:14
Réponse
à Nourdine
Nous
sommes tout à fait d'accord avec toi que l'Algérie
a besoin d'aide, le problème ce n'est pas qu'elle
n'en reçoit pas mais plutôt qu'elle n'en veut
pas. La France et les Etats-Unis s'étaient proposé
pour leur venir en aide mais ils ont refusé sous
prétexte qu'ils ne voulaient pas d'aide d'étrangers
car l'Algérie est une démocratie.
A propos du Coran nous nous excusons si nous t'avons offensé
mais nous avons écrit clairement que «Apparemment
d'après le Coran cela n'est pas un crime de tuer».
Ce n'était pas une offense mais plutôt une
déduction car si on fait partie d'une religion on
la suit et ces terroristes, leurs actes le prouvent, ne
doivent alors pas faire partie de cette religion. Tu avais
simplement mal compris le sens de ma phrase car ce n'était
pas une insulte. Tu dis que ce n'est qu'une question de
politique mais la religion musulmane est quand même
impliquée car tu le dis toi-même: «le
gouvernement Algérien accuse les islamistes de ces
crimes.» Qui dit islamiste dit religion. Le Coran ne
nous concerne pas car il dicte des règles que vous
Musulmans devez suivre et non nous les Chrétiens
donc ta phrase: «jetez-y un coup il» ne
veut rien dire.
Inversement vient plutôt toi jeter un coup il
dans la Bible.
Sylvia
K et Mado P
De: Lycée Deck <lycee.deck@hol.fr>
À: liste_jailu@ac-strasbourg.fr
Objet: Algérie : réponse à Mado et
Sylvia
Date: mercredi 4 février 1998 11:11
Algérie
: Réponse à Mado P. et Sylvia K.
J'
ai lu ce que vous avez écrit sur l'Algérie
et dans la première phrase, il y a quelque chose
qui me choque, c'est le titre du journal ,"LA BOUCHERIE
CONTINUE", car j'ai l'impression que l'on parle des victimes
comme si c'était des animaux et je pense qu'il faudrait
un minimum de respect.
J'aimerais vous dire que, en ce qui concerne le nombre de
victimes, la presse ne dira jamais le nombre exact: ce serait
un risque de plus, d'après moi. Pour moi, ces actes
de barbarie ne sont pas humains et ce qui me frappe le plus
c'est que parmi les victimes il y a des enfants et des vieux,
donc les auteurs de ces crimes ne sont que des lâches.
Ce que je ne comprends pas c'est que cela dure depuis plus
de 7 ans et qu'il n'y jamais eu d'arrestation des chefs
de ces clans. Le bilan d'après les journaux depuis
1991 serait de 80.000 morts si pas plus.
Je veux attirer votre attention sur ce que vous avez écrit
à la fin; "Apparemment d'après le Coran cela
n'est pas un crime de tuer son prochain, en plus durant
le Ramadan". Quand on ne sait rien sur l'Islam on se tait.
Dans toutes les religions il est dit qu'on n'a pas le droit
de tuer. Et ça vous devriez le savoir. Durant le
Ramadan, il est interdit de tuer qui que ce soit.
OMAR,
JAWED
De: Lycée Deck <lycee.deck@hol.fr>
À: liste_jailu@ac-strasbourg.fr <liste_jailu@ac-strasbourg.fr>
Objet: Algérie / Réponse à Sylvia
et Mado
Date: mercredi 11 février 1998 11:25
Sujet
: Algérie. Réponse à Sylvia et Mado
La
France et l'Angleterre ont proposé d'envoyer deux
hauts-fonctionnaires en Algérie pour résoudre
le problème politique, mais l'Algérie ne voulait
pas de hauts-fonctionnaires, elle a demandé des politiciens:
apparemment cela n'a abouti à rien.
Inutile de vous excuser, vous ne 'avez pas offensé;
je répondais seulement à votre incertitude
au sujet du Coran. L'Algérie est un pays musulman,
mais cela ne veut pas dire que tous les Algériens
sont croyants en la religion. Comme la France qui est catholique;
tous les Français ne respectent pas la religion.
En ce qui concerne la religion, l'Algérie est cependant
plus pratiquante que la France. Quand je parle des islamistes
je parle de parti politique mais ce parti politique n'a
rien à voir avec la religion des Algériens.
C'est un parti qui est contre la démocratie et qui
est accusé par le gouvernement qui est pour la démocratie.
C'est ce que j'ai compris à la télévision
marocaine. Je suis musulman, mais cela ne m'empêche
pas de lire la Bible si je le désire.
Nouredine
De: Lycée Storck<lth-guebwiller@horeca.tm.fr>
À: liste JAILU <"<liste_jailu"@ac-strasbourg.fr>
Objet: Réponse à Nourdine
Date: lundi 16 février 1998 12:21
Réponse
à Nourdine
Nous
avons bien reçu ta réponse qui était
sympa et nous sommes d'accord avec toi. Merci.
Sylvia
K. et Mado P.
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