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LES CONSEILS DU CLEMI

Intéresser son lecteur et l'informer

Ces conseils aux journalistes juniors des collèges et lycées un petit guide du rédacteur. Ils abordent les principaux genres journalistiques et les étapes de rédaction d'un article.

Vos contacts: Pascal Famery et Carole Hourt


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Intéresser, capter et retenir l’attention de ses lecteurs est le credo de tout journaliste : lire demande un effort. Pour réussir, il dispose de techniques précises. Mais il ne suffit pas d’écrire de bons papiers pour être lu. Il faut savoir « mettre en scène » les textes produits. Une page de journal n’est pas une suite de textes juxtaposés au petit bonheur la chance, elle a une unité.

Nous vous proposons donc quelques conseils pour mieux réaliser vos travaux. Toutefois avant de vous lancer dans l’aventure, ouvrez des journaux, regardez leur composition, leur structure, tout ce qui attire le regard. Certains vous séduiront d’autres vous rebuteront...

… Alors au moment de votre réunion de rédaction pensez  à vos futurs lecteurs. C’est là que tout se décidera :
– choix des articles et  de la maquette,
– choix des traitements et de l’iconographie.

Une fois les tâches réparties, imprégnez-vous des quelques recommandations qui suivent, et n’hésitez pas, vous êtes  des journalistes.

Ouvrez les journaux

D’abord, vous achetez un journal. Plusieurs journaux. Feuilletez-les : ils sont bien différents les uns des autres. Leur format, leur style, leurs titres ou leurs photos : tout diffère. Une seule chose leur est commune : ils ont chacun une personnalité, une unité de ton et une cohérence qui leur sont propres.

Voyez ce titre, à la une. Mesurez son étendue et sa portée. Regardez ici la place que tiennent les photos. Tiens ! là, il n’y en a aucune. Appréciez la fantaisie de cette mise en page. Et l’austérité de celle-ci, brrrr ! Suivez la rubrique gastronomique, au fil des jours (aucun risque de grossir). Souriez à la lecture de ce surtitre, tout plein d’humour.

Evaluez la surface de pub. C’est le nerf de la guerre. Vous le savez bien.

Examinez « à la loupe » les bons ou les mauvais caractères. Offrez-vous une brochette de brèves le long de ce gros article qui vous fait peur. Cherchez comment l’information, au bout du compte, est « habillée ». Dénombrez les colonnes, les lignes, les mots, les signes... Démontez tout. Et amusez-vous à remonter la une vous-mêmes. Vous verrez bien. Vous y voyez plus clair, beaucoup plus clair, jetez-vous à l’eau : le prochain journal, c’est le vôtre !

Utilisez toute la palette des genres

Le genre journalistique est lié au moyen dont l’information est collectée et à son mode d’écriture  ou de réalisation. Voici les principaux genres.

La brève répond en un minimum de mots aux questions essentielles : qui ? quoi ? quand ? où ? éventuellement : comment ? et pourquoi ? C’est une information sans titre sur un fait d’actualité. Une brève est rarement seule, mais présentée dans un ensemble de brèves.

p Le reportage constitue le genre journalistique par excellence. Il s’agit de rapporter des informations collectées au plus près de l’événement, dans le temps comme dans l’espace. Le reporter (francisé aujoud’hui en reporteur) doit s’imprégner au maximum d’un sujet : il est dans l’événement, faisant jouer tous ses sens perceptifs. Son mode d’écriture sera donc très descriptif, utilisant un vocabulaire coloré, qui donne à voir au lecteur. Celui-ci doit avoir l’impression « d’y être ».

p L’interview consiste à interroger quelqu’un de représentatif d’un sujet, ou tout au moins quelqu’un dont les propos sont censés être significatifs. Ce genre est très approprié au souci de vulgariser car il fait appel au langage parlé et à la spontanéité. Il est donc explicatif et donne à entendre.

p Le compte rendu résume un fait – spectacle, ouvrage ou audience de tribunal, par exemple. Le journaliste rend compte sous la forme d’un récit, dans un style synthétique, il donne à comprendre.

p L’enquête recourt à ces trois genres. C’est plutôt l’artillerie lourde, elle vise à cerner un sujet de manière approfondie, à faire le point sur une question. Voir, entendre, comprendre.

m Le billet est un article d’humeur, qui se veut souvent d’humour. Genre périlleux par excellence, il mélange légèreté et gravité, dans un style elliptique. Il interroge en donnant à réfléchir.

L’éditorial donne le point de vue de l’éditeur et même celui du journal ; on dit donc qu’il engage la rédaction. C’est l’écrit plutôt officiel, parfois pompeux, qui donne à penser en tirant plutôt vers l’avenir.


Sélectionnez l'information
Quel que soit le genre de l’article qu’on choisit d’écrire, il faudra prévoir un temps pour rassembler des documents,  rechercher des sources, recueillir les informations qu’on rédigera.

Avant de se lancer dans l’article, déterminer  un angle  (exemple : si je veux faire un article sur une radio locale, je peux retenir l’organisation de la station ou le portrait du rédacteur en chef ou l’histoire de cette radio, ou plusieurs de ces angles traités dans des papiers séparés).

Pour un reportage, se documenter auparavant sur le sujet choisi, prendre quelques rendez-vous par téléphone (mais pas trop !) pour inclure une ou des interviews.

Pour une interview : bien choisir l’interviewé, préparer quelques questions mais se laisser guider par l’évolution de l’entretien. Emporter un magnéto mais veiller à ne pas enregistrer trop de choses.Limiter le temps de l’interview. Se munir surtout d’un carnet pour prendre des notes bien organisées. Ouvrir ses yeux, ses oreilles et sa mémoire, et noter les détails qui rendront vivantes les situations (un silence qui s’établit, la grimace d’un interlocuteur, la qualité de l’atmosphère dans une réunion, etc.).

Penser toujours à l’article qu’on va écrire : se concentrer sur l’information dont on a besoin et laisser de côté ce qui n’est pas dans l’angle choisi.
Ne pas remettre à plus tard la rédaction de l’article et utiliser sa mémoire encore toute chaude !

Soignez votre lecteur
Accrocher et intéresser le lecteur est un art. Il s’apprend. Il utilise quelques ficelles bien utiles à connaître.

Toujours se souvenir du public auquel on s’adresse : Quels thèmes peuvent l’intéresser ? Comment les aborder ? De quelles informations dispose-t-il déjà sur le sujet ?…

Avant de rédiger, bien définir le « message essentiel » de l’article : après avoir réuni toutes les données nécessaires, on doit pouvoir écrire en quelques mots l’idée fondamentale que l’on veut communiquer. Ce message doit arriver rapidement dans l’article. Eviter d’introduire longuement le sujet. Penser au lecteur qui risque de se lasser.

 Trouver un fil conducteur : Il structure l’article, évite les répétitions, fournit un plan.
Dans les journaux, souvent, le plus important est placé au début (qui ? où ? quand ? pourquoi ? comment ?). Puis viennent des développements successifs qui précisent l’information par ordre d’intérêt décroissant.

 Être vivant
• ne pas hésiter à intercaler dans le corps de l’article de courts extraits d’interviews ou d’opinions en style direct,
• privilégier le présent,
• originalité et humour sont des ingrédients précieux.
 Être clair et concis
• expliquer les sigles utilisés,
• présenter, même brièvement, les personnes interviewées ou citées,
• faire des phrases courtes,
• travailler la densité ; pas de tournures inutiles du genre « il convient également de souligner », « notons encore »…

SOIGNER SIX POINTS IMPORTANTS :

 Le titre : Important car il donne envie de lire l’article. Il peut être plutôt incitatif (titre amusant ou bizarre qui renseigne peu sur le contenu de l’article) ou plutôt informatif (beaucoup de renseignements sur l’essentiel de l’information traitée dans l’article). Il peut être précisé ou renforcé par un surtitre et un sous-titre. C’est souvent plus facile à plusieurs, une fois l’article rédigé.

 Le chapeau : Quelques lignes de texte. Elles résument l’essentiel de l’information et incitent à lire le reste.

 L’attaque : C’est la première phrase de l’article proprement dit. Souvent une phrase bien travaillée, parfois un ou quelques mots. Il faut débuter sans hésiter : originale, brève et rythmée, l’attaque accroche le lecteur.

 Les intertitres : Quelques mots qui jalonnent le texte de l’article toutes les trente à quarante lignes. Ils sont souvent tirés du texte.

  La chute : C’est la dernière phrase de l’article. Souvent une phrase courte et travaillée, comme l’attaque. Importante car c’est l’impression finale que le lecteur garde de l’article : au bout du compte, quel sentiment veut-on lui laisser ?

  Les légendes et les sources  : À ne pas oublier si vous proposez des photos ou dessins.

Mettre en page...
... c'est faire respirer votre journal

La page est une image (par forcément sage), et votre mise en page, belle et attrayante, incitera le lecteur à plonger, sans hésiter, dans le vif du sujet : l’information.

elzevir
 La mise en page tient à la fois de l’art et de la technique. Elle doit allier, en un même mouvement, trois qualités de base :


 La lisibilité :
– ne pas entasser le maximum de choses dans le minimum de place;
– faire attention à l’espace vide autour du texte (les blancs) on « aère »...;
– éviter une trop grande masse de texte d’un bloc;
– couper le texte par des intertitres, des alinéas...;
– hiérarchiser l’information et placer les articles, selon l’importance qu’on leur accorde, dans la page et dans le journal;
– ne pas jongler avec les polices de caractères (monotonie ou trop grande diversité).
 L’équilibre :
– éviter la juxtaposition gratuite des textes à l’intérieur d’une même page;
– adapter le titre à l’article qu’il introduit (grosseur, genre...);
– choisir avec soin l’emplacement d’une photo, d’une illustration (sans les multiplier...);
– éviter les symétries faciles (horizontales, verticales...);
– veiller à harmoniser la force de corps (grosseur du caractère) et la justification (largeur de la colonne).
 L’unité :
– organiser l’ensemble d’une page, comme l’ensemble du journal, pour avoir un tout ordonné et cohérent;
– choisir d’utiliser le même « ton », le même style, dans la présentation, le titrage...;
– le tout doit être un juste équilibre entre visuel et rédactionnel.
Pour aller plus loin
Faire son journal au lycée et au collège, par Odile Chenevez, Pascal Famery et le Clemi, Victoire éditions, nouvelle édition 2005. Un guide pratique et concret pour les jeunes qui se lancent dans l'aventure du journal.

Journaux scolaires et lycéens de Jacques Gonnet.- Éd. Retz. Pour ceux qui veulent tout savoir sur l’histoire et le contenu des journaux scolaires.

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