QUESTIONS FRÉQUEMENT POSÉES
CONCERNANT LES JOURNAUX SCOLAIRES
Un journal scolaire anime la vie d'un établissement.
Il constitue un lien entre les membres de la communauté scolaire
et un outil de réflexion sur les enjeux démocratiques de
la presse.
Cependant, les publications scolaires suscitent de nombreuses questions
d'ordre réglementaires, juridques et financiers. Vous trouverez ici
quelques réponses aux questions qui nous sont le plus fréquemment
posées.
Vos contacts: Pascal Famery et Carole Hourt
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1. Choisir le statut du journal
2. Faut-il créer une structure
juridique pour éditer un journal interne ?
3. Plusieurs journaux peuvent-ils
cohabiter dans le même établissement ?
4. Qui peut être directeur
de publication ?
5. Que peut-on écrire dans un journal
?
6. Peut-on écrire des articles
sur la politique et la religion ?
7. Que répondre à
une personne qui s'estime mise en cause dans un journal ?
8. Peut-on insérer dans son
journal des images trouvées sur d'autres médias ?
9. Le chef d'établissement peut-il
exiger de corriger le journal avant sa diffusion ?
10. Quelles
précautions prendre lors de la création d'un journal ?
11. Comment financer
un journal ?
12. Peut-on bénéficier
d'une formation pour réaliser un journal ?
13. Formalités et déclarations
1. Choisir le statut du journal
Vous désirez créer un journal d'échanges entre
les membres de la communauté scolaire (personnel de l'établissement,
élèves, parents). Vous le diffusez uniquement à l'intérieur
de l'établissement. Vous vous inscrivez dans le cadre des publications
internes à l'établissement ne s'inscrivant pas dans le cadre
de la loi de 1881.
Vous n'avez aucune déclaration légale à effectuer.
Mais vous devez bien sûr informer le chef d'établissement
et envoyer 3 exemplaires de chaque numéro au Clemi au titre du dépôt
pédagogique (cf. infra)
Vous désirez enseigner à vos élèves les
règles du droit de la presse, vous souhaitez animer la vie du quartier
ou du village et diffuser le journal à l'extérieur de l'établissement.
Dans ce cas, vous vous inscrivez dans le cadre d'une publication de presse
et vous devez effectuer quelques
démarches et formalités.
2. Faut-il créer une structure juridique
pour éditer un journal ?
Non. Un journal peut être
édité et diffusé dans l'enceinte de l'établissement
sans formalités juridiques. Néanmoins, il faut obligatoirement
identifier le responsable de la publication et les rédacteurs.
Dans ce cas, le journal ne peut être qu'un journal interne.
La seule formalité est le dépôt pédagogique.
[haut]
3. Plusieurs journaux peuvent-ils cohabiter dans le même
établissement ?
Oui. Un établissement scolaire est composé de personnes
aux centres d'intérêt divers. Il est souhaitable que
toutes les personnes désirant animer la vie scolaire puissent
le faire.
De plus au regard du débat démocratique, il est
même heureux qu'une pluralité d'opinion soit exprimée
dans le cadre de l'établissement.
Ainsi l'énonce l'article 10 du chapitre 3 de la loi d'orientation du ministère de l'Education nationale n°89-486 du 10 juillet 1989 :
"Dans les collèges et dans les lycées,
les élèves disposent, dans le respect du pluralisme et du
principe de neutralité, de la liberté d'information et de
la liberté d'expression." |
[haut]
4. Qui peut être directeur de publication ?
Le directeur de publication est le responsable des contenus
du journal vis-à-vis de la loi. Il devra donc relire
l'ensemble du numéro, avant tirage ou reproduction,
pour s'assurer qu'il accepte tout ce que contient le journal.
Il faut donc choisir une personne en accord avec la ligne
éditoriale.
Tout adulte, membre de la communauté éducative,
peut être directeur de publication
avec l'accord du chef d'établissement.
Dans le cas d'une diffusion interne à
l'établissement, il suffit d'indiquer le nom du responsable
de publication dans l'ours (encadré où figure
les coordonnées et renseignements sur le journal).
Dans le cas d'une publication diffusée à l'extérieur de l'établissement
scolaire, elle est soumise à loi sur la liberté
de la presse du 29 juillet 1881. Le directeur doit alors
être une personne majeure et un certain nombre de
règles et formalités
doivent être respectées.
5. Que peut-on écrire dans un journal ?
Dans le cadre professionnel comme
dans le cadre scolaire, l'exercice du droit d'expression s'accompagne
de devoirs. Il est nécessaire de toujours penser à l'impact
des écrits et au respect de l'autre lorsque l'on s'exprime publiquement.
Des règles et lois protègent la liberté et la dignité
des personnes.
Les élèves doivent être
sensibilisés au fait que l'exercice
de ces droits entraîne corrélativement l'application et
le respect d'un certain nombre de règles dont l'ensemble
correspond à la déontologie de la presse.
La loi sur la liberté de la presse
à laquelle toute publication est soumise,
interdit :
Les provocations aux crimes et aux délits
: vol, meurtre, coups et blessures, discrimination raciale...
Les délits contre la chose publique (offense
au Président de la République...)
Les délits contre les personnes (diffamation
et injure)
Les délits contre les chefs d'Etat et
agents diplomatiques étrangers
La publication des actes relatifs à la justice
est soumise à de nombreuses restrictions afin de protéger
les victimes et de respecter les droits de la défense. Ces protections
sont particulièrement importantes quand il s'agit de mineurs.
Les règles concernant ce qu'il est interdit
de publier, sont rassemblés au Chapitre IV "Des
crimes et délits commis par la voie de la presse
ou par tout autre moyen de publication", articles 23 à 40 de la
loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881.
Chaque journal est tenu de respecter la loi. Pour guider les journalistes,
la plupart des rédactions se sont dotés d'un
code de déontologie. Voir le livre Faire son journal au lycée et au collège,
O. Chenevez, CLEMI/CFPJ, 1995, pp. 106-111.
En ce qui concerne les journalistes collégiens,
Jets
d'encre (association nationale pour la promotion et
la défense de la presse d'initiative jeune)
a élaboré une charte des journalistes
jeunes. Cette association peut vous apporter
des conseils en cas de difficulté.
[haut]
6. Peut-on écrire des articles sur la politique
et la religion ?
Une réelle formation à la citoyenneté
suppose d'apprendre à émettre des opinions,
à écouter celle des autres, à les accepter
ou les combattre, dans le respect de chacun. Dans ces conditions,
la politique et la religion ne peuvent pas être des
sujets tabous.
Aucune restriction n'est mentionnée à ce sujet.
Cependant, le principe de laïcité, dont le principe
de neutralité fait partie, suppose le respect de
toutes les croyances comme cela est affirmé dans
l'article premier de notre constitution.
Le principe de neutralité ne peut pas supporter le
prosélytisme, l'atteinte à la dignité
ou à la liberté de l'élève lui-même
ou d'autres membres de la communauté éducative.
Les élèves sont donc libres d'exprimer leurs opinions,
mais dans le respect de toutes les croyances et de toutes
les convictions.
Vous trouverez des exemples d'articles extraits
de journaux collégiens dans les
revues de presse annuelles ou thématiques du
Clemi.
7. Que répondre à une personne qui s'estime
mise en cause dans le journal ?
En premier lieu, il faut lui donner
un droit de réponse. C'est d'ailleurs, un corollaire obligatoire
de la liberté d'expression, inscrit dans la loi sur la liberté
de la presse. On peut également essayer de proposer à
la personne qui s'estime mise en cause un espace d'expression (billet
d'humeur, point de vue) dans le numéro suivant.
Mais le mieux est de prévenir.
Réfléchir à un code de déontologie et
le respecter. Enoncer la vérité est parfois complexe.
Il faut bien peser ses mots et penser à respecter l'être
humain - ou la catégorie à laquelle il appartient -, chaque
fois qu'il vient à l'idée de mettre en cause quelqu'un.
Ainsi, il vaut mieux écrire
que l'accès à la cantine nécessite de rester
sous la pluie pendant quinze minutes ou relever les multiples fermetures
imprévues du CDI, plutôt que remettre en cause directement
le personnel de l'établissement. L'appel aux différents
interlocuteurs et points de vue en présence sur une question délicate
peut aussi constituer une bonne prévention en même temps
qu'un bon réflexe journalistique.
En cas de problème, n'hésitez
pas à faire appel à des médiateurs. Essayez de
concilier : vous pouvez vous adresser aux correspondants
académiques du CLEMI.
[haut]
8. Peut-on insérer dans son journal des
images trouvées dans d'autres médias ?
Non, les images comme les textes,
sont protégées par le droit d'auteur. Vous ne pouvez
les utiliser que si la mention "libre de droits" est indiquée
et que vous respectez les conditions d'utilisation imposées par
l'auteur.
Le droit d'auteur protège (sans procédure
de dépôt) toutes les oeuvres de
l'esprit (textes, images, vidéos, cartes de géographie,
musiques, logiciels...).
Il concerne la représentation (même télédiffusée)
et la reproduction de l'oeuvre. Aucune atteinte ne peut être
portée à l'intégrité de l'oeuvre, sauf
droit de citation.
L'adaptation, la traduction, la transformation, l'arrangement
sont aussi illicites sans consentement. L'importation et l'exportation
d'ouvrages contrefaits sont interdits. Toute oeuvre protégée
par le droit d'auteur ne doit pas être utilisée même
partiellement sans l'accord des titulaires des droits ou des ayant-droit.
A savoir : les journalistes,
photographes et dessinateurs de presse sont généralement
favorables à l'expression des jeunes et aux journaux scolaires.
Ils accordent souvent le droit de reproduction de leurs oeuvres aux
élèves qui en font la demande.
[haut]
9. Le chef d'établissement peut-il
exiger de lire et de corriger le journal avant sa reproduction et sa diffusion
?
Tout dépend si le chef d'établissement
est le directeur de publication. S'il est directeur de publication,
il doit relire le journal (voir
ci-dessus).
Si un autre adulte assume ce rôle, cela est du
ressort de la personne qui accepte cette responsabilité.
[haut]
10. Quelle précaution prendre pour la création
et le fonctionnement du journal ?
L'important est que l'ensemble de la communauté
scolaire soit en accord avec le projet rédactionnel. L'argumentation
du projet est certainement le meilleur moyen pour que le journal puisse
voir le jour dans des conditions harmonieuses.
Il faut savoir utiliser les codes de déontologie.
En 1918, le syndicat national des journalistes a élaboré
la charte du
journaliste qui est maintenant reconnue, en France, par la
plupart des organisations professionnelles de journalistes.
Dans cet esprit, les rédacteurs du journal
peuvent rédiger et signer un code de déontologie,
qui donne les règles qu'ils s'engagent à suivre.
Ce document peut être remis au chef d'établissement.
Beaucoup de rédactions de journaux professionnels
ont aussi leur code de déontologie. Voir à
ce sujet les règles et usages
de la presse quotidienne régionale.
[haut]
11. Comment financer un journal scolaire ?
L'information n'est pas gratuite.
Ne serait-ce que pour la reproduire, le matériel a un coût
(ordinateur, traitement de texte, scanner, papier, photocopies,...)
Trois moyens de financement sont
envisageables :
1. Les lecteurs : vente du journal
2. Les annonceurs : publicité (démarchage auprès
d'annonceurs locaux potentiels), parrainage, prestations gracieuses
3. Les subventions : mairie, conseil général,
conseil régional...
La vente :
Il est difficile d'appeler journal une publication diffusée
totalement gratuitement. La décision de vendre un journal ne
se situe pas uniquement au niveau du financement de celui-ci, mais
aussi au niveau symbolique de la relation avec le lecteur.
Une distribution gratuite est tout
à fait possible mais elle n'engage pas le lecteur. Payer le
journal, ne serait-ce que 10 ou 50 centimes d'euros, est un engagement
de l'acheteur; un geste qui signifie : "j'ai envie de lire le journal".
La vente d'un journal scolaire
est soumise aux mêmes textes que n'importe quelle vente (petits
gâteaux, boissons...) à l'intérieur de l'établissement.
La gestion d'une vente à l'intérieur d'un établissement
scolaire peut se faire par l'intermédiaire du Foyer Socio-Educatif
au collège ou de la ccopérative scolaire à l'école.
Vous pouvez aussi créer une association spécifique pour
la gestion du journal.
La publicité :
De nombreux journaux scolaires "vendent" un quart ou
une demi-page à des annonceurs locaux, en général
des commerçants du quartier. Présenter le journal et le
projet rédactionnel, mettre en avant les lecteurs pour convaincre
est un apprentissage riche. Si vous choisissez cette forme de financement,
sachez rester indépendant par rapport à l'annonceur qui
vous finance. Prévoyez des contrats précis et signés,
soyez attentifs à la comptabilité (carnet à souche,
factures, règlements...) Vous pouvez aussi négocier des
prestations en nature : photocopies, flashage, impression...
Les subventions :
Vous participez à la vie locale, au développement
de la vie de quartier, vous favorisez les échanges entre élèves
d'un ou de plusieurs établissements, vous améliorez
les relations entre les générations etc. ; les institutions
éducatives ou les collectivités locales peuvent choisir
de soutenir votre effort. N'hésitez pas à vous informer
sur les dispositifs existants et à les solliciter.
12. Peut-on bénéficier d'une formation
pour réaliser un journal ?
Oui, une équipe peut bénéficier
d'une formation. Il faut pour cela s'adresser au coordonnateur
Clemi de votre académie, ou à l'association Jets
d'encre.
[haut]
13. Formalités et déclarations
Le Ministère de l'Education Nationale par la cirulaire n°2002-026
du 1er février 2002 a institué un dépôt
pédagogique obligatoire pour les publications scolaires. Le
CLEMI est chargé d'assurer l'archivage et la conservation de
ces documents. Que votre journal soit interne à l'établissement
ou qu'il soit une publication de presse, vous devez envoyer 3 exemplaires
de chaque numéro au CLEMI.
- CLEMI, 391bis rue de Vaugirard, 75015 Paris
Par ailleurs, le CLEMI vous conseille quelques formalités
simples qui officialiseront votre journal et lui donneront une existence
légale par rapport à l'extérieur.
Faire figurer toujours en clair dans chaque numéro le nom du
directeur de publication. Il sera responsable des contenus
du journal.
Mentionner dans chaque numéro l'adresse du journal, le numéro
de série, éventuellement le prix et la périodicité,
l'adresse de l'imprimeur (ou "imprimerie spéciale",
s'il est imprimé par vos soins).
Indiquer toujours, et le plus précisément possible,
la date de parution.
Si le journal est vendu à l'extérieur de l'établissement,
déposer chaque numéro, en nombre suffisant,
à la préfecture, à la sous-préfecture,
ou plus simplement à la mairie.
S'il est vendu sur la voie publique, demander l'autorisation à
la mairie et déposer le nom et l'adresse des vendeurs.
(Vous pouvez vous informer sur les conditions de dépôt
légal auprès de ces organismes ou des directions
de la Poste)
Informer les coordonnateurs académiques
du CLEMI.
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